Septembre 2006 L'indice mondial ( L'indice mondial des risques pays est une moyenne des notes @rating pays pondérée par le poids de chaque pays dans la production mondiale. La base de l'indice est le niveau moyen des risques mondiaux en 2000.) des risques pays s'améliore légèrement (-1,2%) en raison d'une diminution des risques sur l'Union européenne (-5.5%). Croissance plus soutenue et meilleure solvabilité des entreprises ont permis de lever la surveillance négative placée sur la note moyenne (A2) des entreprises italiennes. En dépit de cette évolution favorable, ces dernières présentent toujours un niveau de risque parmi les plus élevé d'Europe occidentale. Parmi les nouveaux adhérents de l'Union, la note de la Slovénie est relevée de A2 en A1 en raison d'une bonne gestion de l'économie et de la solidité de la situation financière du pays comme des entreprises. S'agissant des pays émergents, après une légère dégradation ces derniers mois, conséquence d'un environnement financier international plus incertain, le niveau de risque de se stabilise les seules modifications concernant la surveillance positive placée sur la note A4 du Maroc et de la Tunisie. Les neuf premiers mois de l'année ont été marqués par une pression toujours forte sur les marges des entreprises. Cours élevés des matières premières, en dépit de la récente baisse des prix du pétrole, hausse des taux d'intérêt et persistance d'une forte concurrence, ont joué défavorablement sur ces dernières. Pourtant, il n'y a pas eu de détérioration majeure des paiements ni de la solvabilité des entreprises. Les raisons tiennent d'une part à un environnement macro économique favorable se caractérisant par une demande mondiale toujours soutenue et, d'autre part, aux ajustements micro économiques opérés par les entreprises depuis plusieurs années. Les gains de productivité, parfois liés aux fruits d'importantes restructurations (comme au Japon ou en Allemagne), ont ainsi permis de compenser des coûts de production élevés. Les turbulences financières du printemps, ont cependant rappelé que les déséquilibres de la croissance mondiale persistent et peuvent conduire à des corrections brutales susceptibles d'affecter les comportements de paiement des entreprises. Ces corrections pourraient être d'autant plus fortes que la période récente a été marquée par une exubérance des marchés boursiers et immobiliers ainsi que par une forte appétence pour les risques présentés par les pays émergents. Outre les risques liés au déficit courant américain, l'évolution des prix de l'immobilier constitue une préoccupation majeure. De fortes chutes aux Etats Unis, au Royaume Uni ou en Espagne, provoqueraient une contraction de la consommation des ménages, principal moteur de la croissance des pays industrialisés. Un tel ralentissement de la demande ne manquerait pas de provoquer une baisse marquée des cours des matières premières remettant en cause la solvabilité des pays émergents qui en sont les plus dépendants. De même, une perte de confiance envers les risques présentés par les pays émergents pourrait être à l'origine d'une montée des « spreads » et de fortes perturbations pour les monnaies les plus exposées au risque de change (forint hongrois, livre turque, rand sud africain). Le contexte d'incertitudes politiques (manifestations en Hongrie et coup d'Etat en Thaïlande….) a rappelé les fragilités de ces pays. Par ailleurs, surinvestissement et surchauffe de l'activité en Chine pourraient aussi laisser place à un ralentissement brutal qui ne manquerait pas de provoquer des défaillances en chaîne d'entreprises dont les marges sont comprimées. En l'absence de manifestation de ces risques, l'hypothèse la plus probable reste celle d'un atterrissage en douceur de la croissance des pays industrialisés, y compris aux Etats-Unis où la profitabilité des entreprises demeure globalement bonne. Par ailleurs les pays émergents dont la situation financière s'est améliorée semblent aujourd'hui mieux à même de résister aux chocs de croissance. Aux Etats-Unis (notés A1), l'activité économique reste dynamique. Après un léger ralentissement intervenu au printemps et à l'été, la consommation des ménages reprend de la vigueur, soutenue par le repli du prix de l'énergie et l'augmentation des salaires. Mais en 2007, la croissance devrait fléchir. Les ménages, dont la confiance sera entamée par le retournement du marché immobilier, ralentiront cette fois plus nettement et plus durablement leurs dépenses. A l'inverse, investissement des entreprises, dépenses publiques et exportations devraient quant à eux conserver un bon rythme de progression. L'indice Coface des incidents de paiement reflète l'excellente situation financière des entreprises. Deux secteurs sont toutefois susceptibles de rencontrer des difficultés : celui de la construction résidentielle avec la diminution des mises en chantier de logements, et celui de l'automobile dont les plans de production pour le 4ème trimestre 2006 sont revus à la baisse. En 2007, les profits des entreprises devraient progresser beaucoup moins rapidement compte tenu de moindres gains de productivité et d'un coût du travail en nette progression. La situation financière des entreprises devrait néanmoins se stabiliser à un bon niveau Au Japon (noté A1) la croissance est dynamique, toujours portée par une demande intérieure bien orientée. Elle devrait rester la priorité du nouveau premier ministre Shinzo ABE.. La consommation des ménages demeure soutenue grâce à la hausse de l'emploi, des salaires et des primes d'été. Par ailleurs, les entreprises disposent globalement d'importantes marges de manœuvre financières pour accroître leurs investissements. Les exportations, en dépit d'un ralentissement, restent sur une tendance haussière grâce à la demande asiatique et américaine. Un fléchissement modéré de l'activité est probable en 2007. Les exportations devraient en effet être affectées par une conjoncture américaine moins dynamique. Le rythme des investissements des entreprises devrait marquer le pas également sous l'effet du ralentissement de la conjoncture internationale. La consommation des ménages restera bien orientée. La situation financière des entreprises est satisfaisante : la réduction de leurs surcapacités et de leur endettement a restauré leur rentabilité, et leurs profits sont toujours orientés à la hausse. L'indice Coface des incidents de paiement reste nettement inférieur à la moyenne mondiale, le nombre de faillites diminuant pour la 5ème année consécutive. La situation est difficile mais en amélioration dans la construction, le commerce de détail et l'hôtellerie-restauration. Au total, la solvabilité des entreprises devrait rester globalement bonne dans les mois à venir. L'EUROPE OCCIDENTALE, dans sa globalité, enregistre cette année une nette reprise de l'activité. Ses exportations profitent de la bonne tenue de l'économie mondiale et notamment de la vivacité des dépenses d'investissement. La consommation des ménages est encouragée à la fois par une baisse substantielle du chômage, des politiques économiques accommodantes et le dynamisme persistant du marché de l'immobilier résidentiel. Ce retour à une meilleure croissance est observé notamment en Allemagne, en France, en Italie, au Benelux ainsi que dans les pays alpins. En revanche, le Portugal conserve une activité atone. De leur côté, l'Espagne, l'Irlande et la Scandinavie continuent d'enregistrer des taux de croissance supérieurs à la moyenne européenne en raison d'une demande interne toujours dynamique. Enfin, le Royaume-Uni, après une brève pause, renoue avec une croissance satisfaisante. En 2007, un tassement global de l'activité est attendu. Les exportations pâtiront du ralentissement de l'économie américaine et de l'appréciation des devises européennes. La demande interne devrait, quant à elle, souffrir du resserrement de la politique économique, tant sur le plan monétaire que budgétaire. Cependant, en l'absence d'un brusque et profond retournement du marché immobilier et d'un nouveau dérapage des prix de l'énergie, le ralentissement devrait être modéré. En Allemagne (notée A1), les exportations progressent toujours ce qui incite les entreprises à accroître leurs achats d'équipements. L'arrêt du recul de l'investissement dans la construction se confirme. La consommation frémit et l'anticipation de certains achats liée à la hausse de la TVA au 1er janvier 2007 pourrait aussi jouer favorablement en fin d'année. Si plusieurs mesures de politique économique applicables en 2007, dont la hausse de 3 points du taux de TVA, contribueront à la réduction du déficit budgétaire, elles exerceront en revanche une pression sur les dépenses des ménages. En outre, les exportations devraient décélérer en liaison avec le ralentissement de l'investissement mondial et des effets décalés de l'appréciation attendue de l'euro. En dépit d'une croissance économique modérée, la solvabilité des entreprises est satisfaisante. Le bon niveau de l'indice Coface des incidents de paiement et la poursuite du reflux du nombre de faillites en témoignent. Les marges se sont rétablies à la faveur des délocalisations, de la modération salariale et d'une rationalisation des outils de production. En France (notée A1), la croissance s'est significativement redressée soutenue par un surcroît de consommation des ménages et le rétablissement des exportations. Malgré une faible hausse des revenus et un renchérissement des frais de logement et de l'énergie, la consommation des ménages reste portée par un crédit abondant et bon marché ainsi que par la progression de l'emploi (emplois aidés notamment). En outre, les exportations bénéficient d'une demande européenne plus dynamique et notamment de la reprise allemande et italienne. En 2007, la croissance devrait se tasser. Les exportations pâtiront du ralentissement européen, tandis que les différents acteurs économiques nationaux, dans l'expectative des résultats des élections, se montreront circonspects dans leurs dépenses. Si la solvabilité des entreprises bénéficie de la reprise de l'activité, certains secteurs restent très fragiles. La transformation du plastique, la forge, la fonderie et la carrosserie sont affectées à la fois par le ralentissement du secteur automobile et le renchérissement des matières premières. De leur côté, le transport routier pâtit de l'envolée du prix du carburant, le textile de la concurrence des pays asiatiques et la distribution de matériel informatique de l'obsolescence accélérée des matériels et de la baisse tendancielle des prix. En Italie (notée A2 surveillance négative levée), le second semestre de l'année 2006 devrait confirmer la reprise modérée observée au premier semestre. Les exportations bénéficient d'une conjoncture européenne plus porteuse, même si la concurrence des pays émergents et une compétitivité prix insuffisante en limitent la progression. La consommation des ménages renoue timidement avec la croissance, mais le retour de la confiance lié au dégagement de l'horizon politique ainsi que des accords salariaux généreux devraient amener une accélération supplémentaire. En 2007, la croissance pourrait légèrement s'effriter. Malgré un chômage orienté à la baisse, les ménages ralentiront un peu leurs dépenses sous l'effet d'un resserrement budgétaire rendu nécessaire par la profonde détérioration des comptes publics. Les exportations devraient quant à elles conserver une progression modérée en raison d'une meilleure compétitivité. Conforté par la légère embellie conjoncturelle, l'indice Coface des incidents de paiement a retrouvé la tendance antérieure à la forte dégradation intervenue en 2004. La fréquence des incidents de paiement reste, cependant, très supérieure à la moyenne mondiale. Les secteurs les plus fragiles sont le cuir, le textile, l'électronique (fabrication, assemblage et distribution), l'électroménager, la fabrication de pièces et tubes métalliques. En Espagne (notée A1), la croissance reste vigoureuse, même si elle demeure déséquilibrée. En effet, elle repose essentiellement sur l'investissement immobilier et la consommation des ménages, alors que la contribution des échanges extérieurs est largement négative. En 2007, une légère décélération devrait intervenir et s'accompagner d'un début de rééquilibrage de la croissance. En dépit d'une poursuite de la baisse du chômage et d'une orientation budgétaire devenant expansionniste, la hausse progressive des taux d'intérêt ainsi que le niveau élevé d'endettement des ménages devraient finir par peser sur la consommation privée et sur l'investissement résidentiel. De leur côté, les exportations devraient profiter de faibles gains de productivité et la progression des importations décélérer en liaison avec la demande interne. Malgré une détérioration sur les premiers mois de 2006, l'indice Coface des incidents de paiement demeure au niveau de la moyenne mondiale. Cependant, des secteurs comme le textile, le cuir, l'électroménager, le petit matériel électrique et l'assemblage informatique sont particulièrement exposés à la concurrence de l'Asie. De plus, l'éventualité d'un brutal retournement du marché immobilier ne peut être exclue, avec toutes les conséquences néfastes que cela comporterait pour l'ensemble de l'économie. Au Royaume-Uni (noté A1), l'économie a retrouvé son dynamisme avec une nette reprise des exportations et de la consommation, cette dernière confortée par un rebond du marché immobilier. Ce contexte incite les entreprises à augmenter leurs investissements. La croissance devrait se stabiliser à un niveau proche du potentiel (2,5%) à partir de la fin de l'année et conserver ce rythme en 2007. L'appréciation de la livre et l'amollissement de la demande américaine et européenne modéreront les exportations. La récente hausse des taux d'intérêt devrait quant à elle ralentir la demande des ménages à travers une décélération du crédit et des prix de l'immobilier. Le niveau de l'indice Coface des incidents de paiement reste inférieur à la moyenne mondiale. Néanmoins, les entreprises industrielles, notamment celles liées à l'industrie automobile, et la distribution de matériel informatique ou téléphonique, restent plus vulnérables que la moyenne. ► Les PAYS D'EUROPE CENTRALE continuent d'afficher une croissance soutenue sous l'effet de la vigueur de la demande intérieure et des bonnes performances du commerce extérieur. L'accélération enregistrée au premier semestre laisse prévoir un taux de croissance moyen de l'ordre de 5,5% en 2006, avant un léger ralentissement en 2007 entraîné par la baisse de la demande en provenance d'Europe occidentale, la remontée des taux d'intérêt domestiques et, dans le cas de la Hongrie, la mise en place d'une politique budgétaire restrictive. Les marchés d'actions et des changes se sont en partie redressés après les turbulences enregistrées en mai-juin derniers mais la situation reste fragile principalement en Hongrie où persistent des déficits « jumeaux ». Globalement, l'appétit de réforme s'est émoussé dans la région et de nombreux nouveaux pays membres de l'Union européenne se voient contraints de retarder l'adoption de la monnaie unique. En Pologne (notée A3), la conjoncture est restée favorable au second trimestre (+5,5% après +5,2% au premier). Le dynamisme de l'investissement, de la consommation privée et des ventes à l'étranger devrait ainsi porter la croissance à 5,5% cette année, cette dernière devant toutefois légèrement marquer le pas en 2007 sous l'effet, notamment, du ralentissement de la demande étrangère. Le déficit courant demeure limité au regard du PIB et la vigueur des exportations entraîne une amélioration des ratios d'endettement extérieurs. Néanmoins, le niveau actuel du déficit public, comme la maîtrise difficile des dépenses sociales, laissent présager une entrée retardée dans la zone euro (aucune date cible n'est d'ailleurs fixée). En outre, des incertitudes persistent en ce qui concerne la politique du gouvernement en matière de privatisation et son attitude face à l'indépendance de la banque centrale, alors même que la situation politique se dégrade avec l'éclatement de la coalition au pouvoir, le 21 septembre dernier. En Hongrie (notée A3), le PIB a augmenté plus modérément au second trimestre 2006 (+3,8%) qu'au premier (+4,6%), la prévision de croissance pour l'année entière se situant à près de 4%. En 2007, cependant, un net ralentissement est prévisible, cette dernière devant être ramenée autour de 2,5% en raison de la mise en place d'un plan d'austérité budgétaire. L'inflation devrait également remonter sensiblement avec la hausse de la taxation et des prix administrés, la Banque centrale poursuivant, parallèlement, sa politique de resserrement monétaire. Après avoir atteint son plus bas niveau fin juin 2006 face à l'euro, le forint s'est légèrement repris. Il devrait néanmoins demeurer volatil du fait du niveau toujours élevé des déficits budgétaire et courant - de l'ordre, tous deux, de 7% du PIB en 2007 - et de l'insuffisance de réformes. En tout état de cause, l'agitation sociale violente de ces derniers jours complique singulièrement la tâche du gouvernement. En République tchèque (notée A2) l'activité demeure vigoureuse, en dépit d'un ralentissement modéré au second trimestre (+6,2% en glissement annuel après +7,1% au premier trimestre). L'investissement, tiré par les dépenses publiques d'équipement et les IDE, de même que la consommation, soutenue par la hausse du pouvoir d'achat des ménages, devraient demeurer, cette année et en 2007, les principaux moteurs de la croissance. Les exportations devraient, quant à elles, continuer à bénéficier de la hausse de la production automobile et de gains de productivité mais le déficit courant s'élargit à nouveau du fait du dynamisme de la demande intérieure. Le déficit public est également en augmentation, du fait des réductions d'impôts et de la hausse des dépenses sociales, et la fragilité du gouvernement, qui ne dispose d'aucune majorité au Parlement, ne laisse guère augurer un ajustement budgétaire à brève échéance. Dans ce contexte, les autorités ont abandonné l'espoir d'intégrer la zone euro dès 2010. En Russie (notée B), même si on observe un léger ralentissement, la croissance reste forte. Les niveaux élevés des cours des matières premières ont entraîné une hausse des revenus réels de la population et ce mécanisme va continuer à soutenir l'activité. Dans les grandes villes, une classe moyenne en expansion profite des hausses de salaires et accroît sa consommation. Les exportations nettes augmentent également, principalement grâce à l'effet prix du pétrole. La production industrielle a connu un ralentissement. Le secteur de l'extraction a stagné en 2005. Au sein du secteur manufacturier, les activités exposées à la concurrence internationale ont souffert de l'appréciation du taux de change réel. Les machines outils et les produits électroniques ont particulièrement pâti de la compétition des biens importés. Le secteur de l'agroalimentaire a toutefois bien résisté et les secteurs moins exposés à la concurrence étrangère ont affiché une progression soutenue, à l'image de la construction et du commerce. Par ailleurs, l'Etat – directement ou au travers d'entreprises publiques – a renforcé sa présence dans le secteur énergétique – devenant premier producteur de pétrole du pays avec le contrôle de Rossneft et de Sibneft – et dans le secteur manufacturier – dans l'automobile, les machines outil et les diamants. Ce « capitalisme d'Etat » pourrait cependant s'avérer peu efficace. La situation financière du pays continue à s'améliorer : Des excédents budgétaires élevés et une réduction sensible de l'endettement public permettent une baisse continue du risque souverain et les réserves de change continuent à augmenter. L'expérience de paiement de Coface sur les entreprises russes est bonne. Les entreprises ont restauré leur solvabilité depuis 1998. Les impayés domestiques des entreprises sont désormais inférieurs à 10% du PIB (contre 50% en 1998) selon les statistiques officielles. Toutefois, la gouvernance d'entreprise reste problématique. La transparence financière et de l'actionnariat demeure très insuffisante. Le droit des créanciers ne fonctionne pas, le système judiciaire étant toujours en attente d'une vaste réforme. La croissance en ASIE est toujours extrêmement dynamique. Elle profite d'une part de l'accélération de la demande chinoise et d'autre part de consommation et investissement régionaux porteurs. Sauf dans le cas de Hong Kong dont l'activité ralentit après une année 2005 exceptionnelle, la croissance est partout soit stablesoit en phase d'accélération. Toutefois, plusieurs facteurs continuent à contraindre les résultats des entreprises. Le niveau toujours élevé des prix des matières premières et la pression sur les prix entretenus par la concurrence chinoise pèsent sur les marges. A ces deux facteurs s'ajoutent une reprise du mouvement d'appréciation des principales devises – l'épisode de défiance de juin 2006 a été effacé en quelques mois – et des politiques monétaires plus restrictives compte tenu des risques d'inflation. Dans ce contexte, le secteur électronique notamment voit ses marges se contracter. En Thaïlande (A2, sous surveillance négative), la situation politique continue à se dégrader avec l'annonce d'un coup d'Etat militaire le 19 septembre 2009 alors que le Premier Ministre T. Shinawatra était à New York pour l'assemblée générale de l'ONU. Ce coup d'Etat a surpris : c'est le premier depuis 15 ans (le pays en a connu 17 entre 1932 et 1991). Le Comandant en Chef responsable du coup le Général Boonyarataglin, a annoncé la suspension des institutions et de la constitution, assuré de sa fidélité au Roi (figure très respectée) et promis un retour rapide à la normalité. Mais le calendrier politique est redevenu incertain. Des nouvelles élections législatives étaient prévues pour la mi-octobre 2006 après l'annulation de celles d'avril, lors de laquelle le parti de Thaksin Shinawatra était sorti gagnant mais avec une faible participation. Il est possible que la confusion s'installe durablement car même affaibli, Thaksin Shinawatra, contesté par la population urbaine, reste populaire dans le milieu rural. Sa politique de soutien aux paysans a rencontré un écho favorable dans la campagne. Son parti était d'ailleurs donné favori (avec une courte majorité) au scrutin prévu en octobre. Il ne devrait donc pas abandonner le pouvoir facilement. Cette crise politique intervient dans un environnement économique moins porteur. Son impact sur le baht (déjà chahuté en juin 2006 mais qui s'est apprécié entre juin et septembre), la bourse et les investissements directs pourrait être substantiel. L'activité est restée bien orientée mais elle a commencé à ralentir au second trimestre. L'investissement et la consommation ont été particulièrement affectés. En revanche, les exportations ont été relativement dynamiques ce qui a permis de maintenir un taux d'activité élevé. Avant le coup d'Etat, la croissance prévue en 2006 restait favorable (bien qu'une des plus faible du continent asiatique) à 4,3 %. Toutefois, le coup d'Etat pourrait affecter la confiance des acteurs économiques et affecter la demande interne. L'industrie Thaïlandaise fait face à une féroce compétition de la part de la Chine dans les secteurs de l'électronique et du textile. Les bilans des entreprises se caractérisent par une baisse des marges et un niveau d'endettement élevé. On constate donc que la compétitivité s'érode, ce qui pourrait nuire à terme à la solvabilité des entreprises. Toutefois, pour l'heure, l'indice Coface des incidents de paiement ne montre pas de détérioration notable. En Chine (notée A3), la croissance n'est plus sous contrôle avec une hausse du PIB de 11,3 % au premier semestre 2006. Investissement et crédit ont cru bien au-delà des objectifs gouvernementaux. Cette situation indique tout d'abord que les instruments « classiques » de politique économique sont peu opérants pour ralentir l'activité. Des mesures administratives et peut-être une accélération de l'appréciation du yuan devront être utilisés d'ici la fin de l'année. En outre, cette situation entretient les surcapacités, d'ores et déjà avérées dans l'automobile, l'immobilier et la sidérurgie. Pour l'ensemble de l'année 2006, la croissance dépassera 10%. Un ralentissement semble inévitable. Celui-ci sera vraisemblablement contrôlé mais il interviendra dans une situation de surinvestissement, ce qui affectera les comportements de paiements des entreprises. On constate d'ores et déjà une augmentation des délais de paiements dans le secteur privé et une stabilisation des profits. Face à la concurrence féroce que se livrent des d'acteurs trop nombreux sur le marché domestique, les entreprises ne peuvent répercuter les diverses hausses de coûts (matières premières, taux d'intérêt et bientôt taux de change) sur leurs prix finaux. Ajoutons que l'existence du crédit informel (évalué à 30 % de l'encours du crédit bancaire) pourrait entraîner des chaînes d'insolvabilités. En Inde (noté A3), la production industrielle a enregistré en juillet sa plus forte progression depuis 10 ans (+12,4%). La production manufacturière s'est accrue de 13,3% sur un an. L'activité est toujours soutenue par la vitalité d'une demande intérieure. L'importante correction boursière du printemps dernier n'a eu aucun impact sur la conjoncture. Néanmoins ce dynamisme s'accompagne d'un creusement des déséquilibres. En dépit d'une forte progression des exportations, la vigoureuse demande intérieure et les prix élevés du pétrole ont entraîné une nouvelle dégradation de la balance commerciale. Par ailleurs, la vive augmentation des recettes budgétaires résultant de la forte croissance n'empêche pas une nouvelle détérioration du déficit budgétaire en raison d'un important dérapage des dépenses. Ce rythme de progression de l'activité (entre 8 et 9%) n'est donc pas soutenable. Néanmoins le taux de croissance devrait demeurer enviable fin 2006 et 2007 (autour de 7,5% de croissance). La croissance s'appuie en effet sur des bases solides, telles qu'une forte compétitivité dans les services mais aussi dans l'industrie, des ratios d'endettement extérieur contenus et des réserves de change confortables. L'indice de risque de l'Amérique latine demeure stable. En 2006, la croissance régionale devrait se situer à un niveau satisfaisant (4,5%), la zone restant l'un des principaux bénéficiaires de la forte demande de matières premières et de produits agricoles des Etats-Unis et de l'Asie. L'année 2007 devrait se traduire par une légère décélération (avec une croissance estimée à 3,7%), en raison du ralentissement prévu aux Etats-Unis et du probable tassement des cours des matières premières. La demande intérieure devrait cependant continuer de prendre, en partie, le relais des échanges extérieurs. Par ailleurs, globalement, les politiques budgétaire et monétaire suivies sont plus rigoureuses, rendant possible un assainissement des finances publiques et une réduction de l'inflation. En outre, le maintien d'une demande mondiale soutenue permet la continuation de l'amélioration des comptes extérieurs. Ce contexte favorise la poursuite du processus de désendettement extérieur, et l'Amérique Latine a rapidement effacé les effets des turbulences financières ayant affecté l'ensemble des pays émergents en mai-juin 2006. Des fragilités importantes subsistent néanmoins, et les ratios de la région demeurent moins favorables que dans la plupart des autres zones émergentes, à l'exception de l'Afrique sub-saharienne. Par ailleurs, la question du contrôle des ressources naturelles et du partage des richesses pourrait être à l'origine de tensions croissantes peu favorables à l'investissement. Au Chili (noté A2), la croissance doit être moins vive cette année, tout en restant soutenue (de l'ordre de 5,5%), la production de cuivre ayant été affectée par la grève en août de la plus grande mine du monde. La raison essentielle est cependant la politique budgétaire contracyclique et la politique monétaire plus restrictive suivies, qui ont pour effet de peser sur la demande intérieure (particulièrement l'investissement). Cette demande restera néanmoins le principal moteur de l'activité en 2007, avec une croissance estimée à 5%, dans un environnement international un peu moins propice. Le pays bénéficie, en outre, d'un très faible endettement public, de comptes extérieurs légèrement excédentaires, d'un endettement extérieur modéré (essentiellement privé), d'une monnaie solide et d'un système financier très robuste. Dans ce contexte, l'expérience de paiement est très satisfaisante et la solvabilité des entreprises devrait rester bonne. Au Mexique (noté A3), le Tribunal électoral a validé début septembre le résultat de l'élection présidentielle du 2 juillet 2006, remportée de peu par Felipe Calderon. Son parti, le PAN (conservateur), ne dispose cependant pas d'une majorité parlementaire. Dans un climat politique tendu, marqué par la contestation entretenue par son principal rival, A.M.L. Obrador, du PRD (centre gauche), le nouveau président devra composer avec les partis d'opposition (notamment le PRI, l'ancien parti dominant), pour faire passer les nécessaires réformes structurelles. La politique de stabilité macroéconomique devrait néanmoins être poursuivie, car faisant l'objet d'un assez large consensus. En dépit du climat politique, la croissance doit rebondir cette année (plus de 4%) ; le principal moteur en est et doit en rester la demande intérieure, dont l'investissement est la composante la plus dynamique. L'activité devrait être plus modérée en 2007 (3,5%), en raison notamment d'un probable ralentissement de l'économie nord américaine, dont le Mexique reste extrêmement dépendant. Le pays conserve, en tout état de cause, de solides fondamentaux économiques et financiers. Dans ce contexte, l'indice des incidents de paiement s'est amélioré. Toutefois, dans le secteur textile et dans le cas de certaines maquiladoras (entreprises de sous-traitance pour l'exportation), les paiements demeurent marqués par un étirement des délais. Au Brésil (noté B avec surveillance positive), l'élection présidentielle d'octobre devrait conduire à la réélection du Président Lula, la continuité de la politique économique prudente suivie paraissant donc assurée. L'année 2006 doit se traduire par une reprise modeste, avec une progression de 3,3%, cette tendance devant se poursuivre en 2007, avec un taux estimé à 3,6%. La demande intérieure redevient le principal moteur de l'activité, en raison notamment de la poursuite de la politique de détente monétaire. Par ailleurs, le dynamisme des exportations, en dépit du niveau élevé du réal, assure des excédents courants et permet une forte baisse du besoin de financement extérieur. La vulnérabilité extérieure du pays diminue, en raison d'une nette réduction des ratios d'endettement extérieur. Toutefois, l'endettement public demeure encore trop élevé et trop exposé à l'évolution des taux d'intérêt. Au plan micro économique, les entreprises bénéficient de trésoreries confortées, mais certains secteurs sont confrontés à une vive concurrence du fait notamment du cours du real. De plus, le crédit encore onéreux peut être à l'origine d'allongements des délais de paiement envers les fournisseurs. En Colombie (notée B), la croissance, après une décélération prévue en 2006 (avec une progression de 4,5%), devrait encore légèrement se tasser en 2007 (avec une estimation de 4%). L'activité est et restera principalement soutenue par la consommation et par l'investissement. Dans ce contexte, l'expérience de paiement devrait rester satisfaisante, les entreprises s'acquittant ponctuellement de leurs obligations. Les comptes extérieurs se détériorent légèrement, dans l'attente notamment de la mise en place d'un accord de libre-échange avec les Etats-Unis début 2007, mais les exportations se diversifient et la baisse de la production pétrolière devrait être partiellement compensée par l'augmentation de celle de charbon. Les ratios d'endettement extérieur s'améliorent, mais d'amples réformes fiscales restent nécessaires afin d'assainir les finances publiques et de réduire le niveau élevé de la dette publique. La réélection du Président A. Uribe, fin mai 2006, implique une poursuite de la politique économique orthodoxe suivie, mais les fragilités institutionnelles persistent, de même que l'insécurité. Au Pérou (noté B), le président Alan Garcia (de centre gauche), en fonction depuis fin juillet 2006, devrait poursuivre une politique économique assez prudente, tout en essayant de réduire les fortes inégalités. La croissance devrait demeurer robuste en 2006 et 2007, portée à la fois par une demande intérieure soutenue et des exportations accrues de gaz naturel, de minerais, et de produits agricoles et textiles, dans la perspective de l'entrée en vigueur en 2007 d'un accord de libre échange avec les Etats-Unis. Les comptes extérieurs doivent ainsi être légèrement excédentaires, tandis que les ratios d'endettement extérieur s'améliorent, après le remboursement par anticipation des créanciers du Club de Paris en 2005. Le pays reste cependant exposé à un retournement de la confiance des marchés financiers, ainsi que des cours mondiaux des matières premières, et le système bancaire demeure fragilisé par une importante dollarisation. En Argentine (notée C), l'expansion se poursuit cette année (avec une prévision de 8%), en raison notamment de la politique de soutien de l'activité menée par les autorités, mais la croissance devrait décélérer en 2007 (à 6%), tandis que les tensions inflationnistes demeurent fortes, en dépit du contrôle des prix. Le dynamisme des échanges extérieurs, résultant d'une forte demande mondiale de produits primaires ou transformés et de la sous-évaluation du taux de change, favorise le maintien d'excédents courants. En outre, l'annulation en juin 2005 d'une partie de la dette obligataire en défaut a permis une reconstitution des réserves de change et le remboursement intégral du FMI par anticipation, début 2006. Néanmoins, la situation des finances publiques demeure précaire et les ratios d'endettement extérieur élevés. Par ailleurs, l'approche de l'élection présidentielle d'octobre 2007 n'est pas propice à l'avancement des réformes et au relèvement des tarifs des services publics, ce qui décourage l'investissement, notamment dans le secteur de l'énergie. Dans ce contexte, la santé financière des entreprises tournées vers l'exportation est meilleure que celle des entreprises opérant sur le seul marché domestique, alors que les incertitudes concernant le cadre légal et juridique persistent. ► L'indice de risque régional de l'Afrique du nord et du Proche et Moyen Orient diminue (-0,7 %) en raison de la mise sous surveillance positive du Maroc et de la Tunisie (A4) compte tenu d'une bonne conjoncture, d'une diversification croissante de leur économie, et d'un environnement des affaires satisfaisant. S'agissant du Proche Orient, après la forte hausse des prix du baril qui ont plafonné à plus de 78$ début août (conséquence de la guerre au Liban et de la fermeture du champ pétrolier de Prudhoe Bay en Alaska), la baisse observée depuis lors ne remet cependant pas en cause les bonnes perspectives pour les pays exportateurs de pétrole de la région. La plupart des économies de la région sont portées par le boom pétrolier qui permet le financement d'investissements multiples et d'une ampleur sans précédent, dans les infrastructures et les secteurs non pétroliers ou parapétrolier. C'est en particulier le cas dans les monarchies du Golfe, au premier rang desquelles l'Arabie Saoudite et les Emirats Arabes Unis (noté A2). Le dégonflement de la bulle financière au printemps dernier a assaini les marchés et ne devrait pas avoir de conséquences marquées sur l'activité, dans un environnement qui demeure porteur. Toutefois l'évolution du secteur immobilier est à surveiller. La manne pétrolière est par ailleurs à l'origine du désendettement, de l'Algérie notamment (notée A4), dont la quasi-totalité de la dette extérieure rééchelonnée a été remboursée par anticipation, ainsi que de l'Arabie Saoudite qui avait accumulé une dette publique interne importante. Les autres pays de la région non ou faiblement exportateurs de pétrole, profitent en général d'une bonne orientation des IDE et pour certains d'entre eux des pétrodollars des monarchies du golfe. Les tensions géopolitiques, continuent cependant de peser sur les risques. Ils demeurent les principaux éléments d'incertitude, et la « guerre de juillet » au Liban, au delà des conséquences catastrophiques sur ce pays, a modifié la donne régionale, ce qui pourrait finalement favoriser la voie de la négociation. Au Maroc (noté A4 sous surveillance positive), l'année 2006 devrait afficher un taux de croissance de 7,3%. La production agricole, les services et le BTP, devraient tirer l'activité, alors que le secteur textile se redresse et que le tourisme enregistre de bonnes performances. La production régulière du PIB non agricole souligne l'autonomie croissante du PIB par rapport à la pluviométrie. Cette conjoncture se reflète dans l'indice Coface des incidents de paiement, qui après avoir diminué s'est stabilisé à un niveau proche de la moyenne mondiale. La forte progression des investissements publics et privés, visant à diversifier le tissu économique et à attirer des activités de forte valeur ajoutée devrait soutenir l'activité en 2007 et au-delà. Cette conjoncture favorable va favoriser le redressement des finances publiques. De plus, en dépit des chocs encaissés en 2005 par la balance commerciale, le compte courant du pays a affiché un excédent de 1,9% du PIB, reflétant le solde positif dégagé par les remises des expatriés et le tourisme. L'excédent devrait être maintenu en 2006 et 2007, contribuant à la modération du besoin de financement extérieur et donc à une nouvelle réduction du poids de la dette extérieure, dont le service n'absorbera dès 2006 moins de 10% des recettes en devise. En Tunisie (noté A4 sous surveillance positive), tirée par les secteurs des services et de l'agriculture, la croissance devrait ressortir à plus de 5% en 2006, et se maintenir à ce niveau en 2007 compte tenu d'une demande interne toujours dynamique, tant au niveau de la consommation privée que de l'investissement, stimulés par les efforts conjoints du secteur public pour développer les infrastructures, et des entreprises pour moderniser leur outil de production. Par ailleurs, le ralentissement de 2005 n'a pas affecté la solvabilité des entreprises, l'indice Coface des incidents de paiement a progressivement rejoint la moyenne mondiale, témoignant d'une amélioration de la situation financière des entreprises en dépit de la forte concurrence à laquelle le secteur textile est confronté. La bonne situation conjoncturelle facilite la gestion des finances publiques dont le déficit devrait demeurer inférieur à 3% du PIB, réduisant le poids de la dette publique. Par ailleurs, en 2005, la réduction du déficit commercial due à l'augmentation des exportations et la bonne tenue de la balance des invisibles ont permis de ramener le déficit courant à 0,6% du PIB. Le maintien du déficit à ce niveau en 2006 et 2007 contribuera à réduire le besoin de financement extérieur, et à ramener le service de la dette à 9% des exportations en 2006 et 2007. En Arabie Saoudite (notée A4), le PIB a quasiment doublé depuis 2002. Le boom pétrolier a entraîné celui du secteur non pétrolier et le développement de projets de grande ampleur. Cette conjoncture favorable, qui devrait perdurer, stimule la confiance des consommateurs et des investisseurs qui demeurent par ailleurs, relativement peu sensibles aux incertitudes géopolitiques régionales. Dans ce contexte l'impact de la correction des marchés d'actions au printemps 2006 devrait être limité. Malgré de légères tensions sur les prix, l'inflation reste maîtrisée. La situation financière du pays est excellente, l'accumulation de larges excédents extérieurs et budgétaires depuis 2003 ont permis de réduire considérablement la dette publique et d'accumuler des avoirs en devises. En Israël (noté A4), les conséquences économiques du conflit israélo libanais devraient être limitées. Les mesures d'assainissement budgétaire, et la reprise des privatisations ont dopé la confiance des consommateurs et des investisseurs. La croissance de cette économie, ouverte, diversifiée et disposant d'un fort potentiel, est cependant dépendante de la conjoncture internationale. L'échec de la guerre au Liban a fragilisé la coalition issue des élections de mars 2006 et anéanti les objectifs de retrait de Cisjordanie. En revanche la constitution d'un gouvernement d'union nationale dans les Territoires Palestiniens pourrait permettre de relancer le processus de paix. Le dossier nucléaire iranien reste ressenti comme une menace directe. Au Liban (noté C) La « guerre de juillet » aura un impact sévère en 2006 sur l'économie qui commençait à se relever après les bouleversements de 2005 consécutifs à l'assassinat de l'ex Premier Ministre Raffic Harriri. La destruction de nombreuses infrastructures et le blocus imposé par Israël pendant deux mois, sont autant de freins à l'activité (tourisme, industrie, construction, commerce) et vont se traduire par une récession et une dégradation du déficit budgétaire et du déficit courant. Cette situation met les entreprises en difficulté et leurs paiements pourraient s'en ressentir. La mobilisation de l'aide internationale devrait cependant permettre au pays de soutenir sa monnaie et lui éviter d'être en défaut. L'afflux de capitaux et la dynamique de la reconstruction devraient faciliter la reprise de l'économie en 2007, et inverser l'évolution des équilibres macro économiques. Toutefois une situation sécuritaire encore précaire pourrait continuer de décourager les investisseurs et les touristes, car l'hypothèse d'une reprise des hostilités entre le Hezbollah et Israël ne peut être écartée. Le conflit a modifié la donne politique intérieure et les différentes composantes de la mosaïque libanaise devront trouver un nouvel équilibre pour éviter une guerre civile. Ces vulnérabilités économique et politique sont peu propices à des réformes structurelles et l'économie devrait rester durablement dépendante de l'aide internationale. En Turquie (notée B), la chute de la livre du printemps dernier et la hausse des taux d'intérêt décidée par la Banque centrale pour l'enrayer n'ont pas eu pour l'instant d'impact économique significatif. Le taux de croissance s'est élevé à 8,5% au 2ème trimestre et la production industrielle s'est encore accrue de 9,5% sur un an en juillet. Le redressement partiel de la livre au mois de juin puis pendant l'été (la dépréciation n'est plus que d'environ 10% depuis le début de l'année) et le retour rapide des flux vers les pays émergents expliquent en grande partie un impact nettement plus modéré qu'anticipé. Un modeste ralentissement est cependant toujours attendu pour le second semestre en raison du niveau élevé des taux d'intérêt qui accroît le coût des emprunts pour la consommation et les investissements. Contrepartie négative de cette activité beaucoup plus résistante que prévu, les déséquilibres extérieurs qui inquiétaient les marchés ne se réduisent pas. Les importations continuent leur vive progression et il est maintenant prévu pour 2006 un déficit courant record égal à 7,4% du PIB. Bien que le besoin de financement soit couvert en partie par les investissements étrangers, il l'est aussi par des capitaux volatils qui pourraient encore se détourner du pays, comme ce fut le cas en mai. Les tensions politiques à l'approche des élections de 2007, l'accroissement des attentats, les tensions avec le Kurdistan irakien ou les difficultés dans le processus d'adhésion à l'Union Européenne peuvent être source d'inquiétude pour les marchés surtout en cas d'une éventuelle nouvelle phase d'aversion aux risques. L'absence de réduction des déséquilibres extérieurs fait que la Turquie demeure le pays le plus vulnérable à un retournement de confiance des investisseurs étrangers. RESERVE : Le présent document reflète l'opinion du Département Etudes Economiques et Risques Pays de COFACE, à la date de sa rédaction et en fonction des informations disponibles ; il pourra être modifié à tout moment. Les informations, analyses et opinions qu'il contient ont été établies sur la base de multiples sources jugées fiables et sérieuses ; toutefois, COFACE ne garantit en aucun cas l'exactitude, l'exhaustivité ou la réalité des données contenues dans le présent document. 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